Monologue amoureux (?)

ou réflexions éparses autour d’une éternelle crise existentielle d’une jeune fille hypersexualisée née en 1989.

Je suis de cette génération qui alimente et transpire le paradoxe. J’ai l’impression que nous souhaitons tout avoir, sans le moindre effort possible, avec une conscience environnementale, éthique, politique, sociale, idéalement anti-capitaliste. Du moins, la classe moyenne. Mon environnement. Nous sommes des idéalistes, des rêveurs d’Hollywood.

Mais je craque pour cette magnifique couleur de vernis à la pharmacie. Un joli bleu foncé, marine, navy. Je n’ai jamais aimé la couleur bleu. Trop froide, loin de moi. Semblant d’hypothèse. Mes couleurs préférées ont toujours été le rouge, le rose et le violet. C’est mon trio de couleur fétish. Chaud et féminin, provocant et délicat. Une dualité qui excite et qui est malsaine.

Des thèmes faciles qui attirent ceux qui aiment aimer. Et qui tentent de trouver une  valorisation entre des miettes ici et là. Et chatouiller le malsain et l’interdit du bout des doigts. Je n’ai pas le droit de te taquiner avec ça. Mais ta réaction me donne toute sorte de réactions pétillantes. Toi non plus tu n’as pas le droit. Tu le sais, je le sais. Entre nous, une flamme. Une flamme que j’ai allumé. Mais je suis certaine que tu l’avais senti. Te souviens tu de notre première rencontre. Tu n’as pas cessé de me répéter à quel point je sentais bon. C’était un des compliments les plus beaux qu’on m’a fait. Primaire, quasi barbare, instinctif.

Je pense que tu m’as reconnu et nous nous sommes liés. Ce n’est pas toujours une bonne chose. Ce n’est pas toujours une bonne chose parce qu’on s’accroche à ce genre de lien là. Pis ce n’est pas  toujours une bonne chose quand on a le droit de choisir vers quoi on décide de pencher. On a le droit de décider vers quel chemin on veut marcher. Pis, dans des cas comme ça, j’ai tendance à tendre la main. Parce que c’est plus simple. Mais surtout parce que je suis curieuse de savoir jusqu’où tu iras. Ça m’intrigue, t’as pas idée comment. J’aimerais tant élucider le mystère.

C’est ainsi qu’elle a besoin de ses deux personnalités. Double personnalité. Noir ou blanc. Chaud ou froid. Bien ou mal. Dualité. Oui ou non.

S’est-on fondu l’un dans l’autre?

Je préfère changer tout en fiction. Utiliser des fantasmes réelles pour créer des univers fictionnels dans lesquels vous vous plongez. Et je vous surprends à vous branler. Parce que l’avantage de la création littéraire, c’est qu’on peut rédiger ce qu’on veut. C’est vous qui créez vous-mêmes les images dans vos têtes. Je n’ai rien fait, moi.

Et s’il était là le second degrés. Celui d’alimenter un mal viscéral pour pouvoir jouer autour. Jouer dans sa marde. J’aime ça les cicatrices. Je suis une artiste. Et j’ai besoin de mon malheur.

Je dois donc dealer avec cet univers beaucoup trop analytique. J’aimerais être simple. À quoi ça pense des gens simples? Comment ça s’occupe?

Hier, j’ai volé une paire de scandale dans un magasin de détail quelconque. Elle ne coûtait pas cher. Je les ai volé parce que c’était si facile. Je cherche à m’excuser. J’avais tenté d’essayer les sandales dans une allée. Elles étaient difficiles à attacher. J’ai vu un cardigan. J’ai voulu l’essayer  avec ma nouvelle robe achetée dans une autre boutique. Dans la salle d’essayage, je me déshabille à moitié. Être moitié, à moitié, paresseuse. Le cardigan est horrible. Et les sandales trouvent refuge dans le sac noir où se trouvait ma robe. Je redonne à l’employé le carton où est inscrit le nombre de morceau que j’avais amené dans la cabine avec moi. Un.

Derrière chez moi, il y a un quadruplex inhabité. Les quatres logements ne montrent aucun signe de vie. Il y a une lumière dans le 683 sur l’heure du souper. Entre 17h et 21h plus ou moins. On la remarque que l’hiver. Des fois, un couple de personnes âgées viennent entretenir la cours extérieure. On a déjà entrevue un jeune homme à l’intérieur; il semblait installer des plastiques isolants pour les fenêtres. Mais ça fait longtemps que je n’ai pas vu quelqu’un…

Assise sur mon balcon à rédiger nonchalamment, sous un soleil tout aussi lard, trois petites filles à vélo se sont aventurées dans une des deux entrées de garages dudit quadruplex. L’édifice comporte deux garages et les entrées donnent sur la ruelle. Les entrées sont en pente et l’une des deux portes de garage est complètement caché par un arbre. Ça semble être un bouleau. Ou un arbuste de grandeur démesuré. Évidemment, c’est vers cette porte que les fillettes se sont dirigées. La clôture ouverte les a attiré. C’est vrai que normalement, cette clôture est fermée…

Le trio s’est avancé doucement près de la porte de garage. En coeur, elles ont frappé sur la porte comme si elles cherchaient à réveiller un ours qui hiberne. Le vacarme résonne dans la ruelle et dans ma tête. C’est facile de s’imaginer des scénarios d’horreur. Être témoin d’une horrible scène d’horreur, où la porte se serait ouverte. Des cris. Les vélos laissés dans la pente… Trop évident, trop facile: on les retrouverait trop vite. Et j’aurai été témoin.

Plus jeune, je rêvais de me faire kidnapper. Je rêvais qu’un homme inconnu entrerait dans ma chambre pour me violer. Je lui sourirais. Il serait déstabilisé. On m’avait déjà dit que les violeurs, ce qu’ils aimaient, c’était de voir leur victime avoir mal. Comment pouvaient-elles avoir mal, me demandais-je? C’est agréable faire l’amour? Et si je leur montrerais que j’aimais ça… Comment réagirait-il? Ce ne sont pas des pensées d’enfant de 8 ans. Et pourquoi suis-je passée par là. Comment en suis-je venue à penser et fantasmer à propos d’un viol à 8 ans.

Et la suranalyse de vouloir tout psychanalyser, tout comprendre.

On m’a déjà dit qu’à trente ans je serais très perverse. Probablement parce qu’on m’a appris très vite les mérites d’une perverse. Pourquoi chérir cette attention masculine? Pourquoi vouloir réveiller leurs bas instincts? Je suis une maîtresse vicieuse, celle qui allume des choses que tu n’aurais jamais imaginé. Parce que je le sais que votre soif n’a pas de fond. Je le sais que plus c’est creux, plus c’est fou. Pourquoi ça? C’est fou.

Comment on se construit? Comment l’humain arrive à créer qui il est? Et pourquoi je suis troublée par des songes juvéniles à caractères sexuels.

Le ciel est lourd. Et je suis curieuse de tout comprendre. Souvent, je songe à l’hypnose. En discutant avec les autres humains au cours de ma vie, je me suis rendue compte que l’humain à la naissance est dénué de désir sexuel. Mais très tôt, on peut développer des stigmates autour de nos organes génitaux. Et très vite, on finit par comprendre le plaisir de toucher à cette partie secrète et intime de notre corps. Très tôt, on nous enseigne à couvrir, cacher. Le culte de la censure. J’aimerais savoir comment est né cette obsession.

Comme une exploratrice, une anthropologue qui est en quête de découverte. Trouver des réponses, des raisons, des justifications. Comprendre pourquoi j’étais comme ça mais surtout comprendre pourquoi je suis troublée par cette facette de la femme que je suis aujourd’hui.

Je le sais que très jeune j’ai compris l’aura qui brillait autour de mes attributs. Et si je te les donne, que me donneras-tu en échange?

Probablement juste une autre histoire de princesse qui délire et qui meurent. Celles qui vivent heureuses et ont beaucoup d’enfants sont simples. J’aimerais faire partie d’elles.

 

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